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Le chien, un rôle dans l'accompagnement des personnes en situation de handicap

Quelques informations sur la médiation animale qui possède un rôle tout particulier dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap.

La médiation animale, adaptée à tout public, permet de maintenir ou favoriser le bien-être physique et psychologique (Perce-Neige, 2016). On parle souvent d’atelier qui se déroule dans l’environnement immédiat du patient, dans le but de maintenir ou d’améliorer son potentiel psychique, cognitif, physique, psychosocial et émotionnel (Beiger, 2008).

  • Exercée par un professionnel, la médiation animale favorise la relation à l’autre. L’animal est un médiateur qui cherche l’interaction : « il va vers l’autre sans jugement, sans intention, sans communication verbale. Il est spontané, stimule, éveille, réconforte de manière naturelle. L’animal assure un rôle de catalyseur social et procure de l’apaisement » (Perce-Neige, 2016). C’est un « réceptacle idéal des constructions psychiques et cognitives de l’enfant puisqu’il est à l’écoute mais ne juge pas, ne sanctionne pas » (Montagnier, 2002) et ne remet jamais en question la complicité qui se crée entre lui et l’enfant.
  • Le chien rassure et narcissise l’enfant en lui redonnant confiance en lui et en développant son auto-estime. Ainsi, les liens affectifs créés entre le chien et l’enfant peuvent amoindrir les atteintes psychiques dues au handicap, en réduisant l’angoisse et en développant la confiance en soi.
  • D’une manière générale, Montagnier (2002) nous dit que les animaux « par leurs capacités naturelles, stimulent les habiletés corporelles et gestuelles des enfants ». En effet, « la motricité organisée et ciblée du chien dans un environnement sécurisant constitue à la fois un modèle, une béquille et une incitation qui stimulent, organisent et réorganisent les habiletés motrices des enfants » (Montagnier, 2002). Ainsi l’enfant découvre ses possibilités corporelles, développe son schéma corporel, ce qui fait du chien un compagnon unique pour rendre lisible ou faire émerger des capacités enfouies, inhibées ou altérées.
  • L’enfant peut aussi être plus concentré, développer sa motricité fine, sa communication verbale et non verbale, apprendre à se séparer, à imiter, à construire son empathie ou encore à s’épanouir psychiquement.

Le chien dans l’accompagnement d’enfant ayant un trouble du spectre autistique : chez ces enfants, la communication est souvent complexe et les troubles du comportement souvent présents. Grâce à la médiation animale, l’enfant autiste, refermé sur lui-même peut accepter d’entrer en relation avec l’animal et donc faire un premier pas vers l’autre (Matignon, 2012). Matignon nous dit qu’ «un enfant qui a du mal à communiquer avec le monde humain va trouver chez l’animal thérapeute, un moyen d’échanger sans avoir à utiliser la complexité de la parole ». L’animal sait reconnaître les émotions ou les affects de l’enfant et adapte ainsi son comportement (Matignon, 2012). Il joue comme protection par rapport aux angoisses ou aux manifestations de morcellement (Beiger, 2008). Grâce à la relation sécurisante avec l’animal, l’enfant autiste peut montrer ses compétences, organiser son regard et ajuster ses comportements. En créant des liens d’attachements avec l’enfant, le chien sera le partenaire de déverrouillage émotionnel, affectif et relationnel.

Le chien d’éveil pour les enfants en situation de handicap : le chien va « permettre de stimuler, d’éveiller, d’apaiser les angoisses. Il va contribuer à dédramatiser les moments difficiles » (Handi’Chien)  et va aider l’enfant à faire face aux difficultés du quotidien.

Le chien d’éveil pour les enfants déficients visuels : il a été mis en évidence, dans un établissement spécialisé pour enfants déficients visuels, des progrès notables dans le comportement des enfants grâce à la médiation animale, avec « une diminution de l’anxiété et des troubles de l’hyperactivité, une ouverture vers la communication et une baisse des troubles obsessionnels » (Le Van, 2007). Le chien aide les enfants à être acteurs de leurs apprentissages.

Le chien guide pour les personnes avec une déficience visuelle : le chien conduit la personne en tous lieux de façon indépendante et sécuritaire.

Le chien d’assistance pour les enfants et personnes ayant un handicap moteur : le chien permettra de retrouver une certaine autonomie et indépendance dans les activités de la vie quotidienne grâce à son éducation toute particulière. Formé, il apprend à répondre à plus de 50 commandes (ramasser et apporter des objets, ouvrir et fermer portes et tiroirs, accompagner la personne dans tous lieux, aboyer sur demande…) (Handi’Chien).

Le chien d’accompagnement social : présent au sein d’un établissement, le chien « procure un effet calmant et sécurisant pour les personnes angoissées, incite à la motricité et permet de maintenir du lien social en stimulant la curiosité du patient » (Handi’Chien).

Le chien pour l’accompagnement des personnes épileptiques : le chien à la capacité de détecter une crise 7 minutes avant qu’elle n’arrive grâce à la perception d’une odeur dégagée par la personne. Il va alors prévenir la personne épileptique via un petit coup de museau atypique lui permettant alors de réagir pour se mettre en sécurité. Pendant la crise, le chien va se coucher contre la personne dans le but de l’apaiser. Le chien peut également appuyer sur un bouton ou buzzer pour alerter les proches lors de la crise. Après une crise, le chien peut apporter le téléphone ou médicaments nécessaires voir même aider la personne à se relever. Toutes ses actions permettent à l’individu de retrouver une certaine confiance (Handi’Chien).  

Le chien formé peut donc, dans certaines situations, venir contribuer à l’accompagnement de votre enfant, suivi par un professionnel qualifié.

Roussel Mégane (stagiaire ergothérapeute)

Références :

Ouvrages :

  • Beiger, F. (2008). L’enfant et la médiation animale : une nouvelle approche de la zoothérapie. Paris : Dunod
  • Matignon, K.L. (2012). Enfants et animaux : des liens de partage. Paris : La martinière
  • Montagnier, H. (2002). L’enfant et l’animal : les émotions qui libèrent l’intelligence. Paris : Odile Jacob

Article :

  • Le Van, A. (2007). Le chien, partenaire dans un établissement spécialisé pour enfants déficients visuels. Enfances & Psy, 35(2), 69-75. doi:10.3917/ep.035.0069.

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